Aime celui qui t'aime, et sois heureuse en lui.
-Adieu!-Sois son trésor, ô toi qui fus le nôtre!
Va, mon enfant béni,d'une famille à l'autre.
Emporte le bonheur et laisse-nous l'ennui!
Ici, l'on te retient; là bas on te désire.
Fille, épouse, ange, enfant, fais ton double devoir.
Donne-nous un regret, donne-leur un espoir.
Sors avec une larme!Entre avec un sourir.
Poème de Victor Hugo pour sa fille Léopoldine le 15 février 1843 lors de son mariage
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu,le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'ordu soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleurs.
Poème écrit par Victor Hugo le 3 Septembre 1847, trois ans après la mort accidentel de sa fille Léopoldine. Les contemplations (IV,4)